L’assurance-crédit Export : tout comprendre sur cette forme particulière d’assurance

Se lancer dans le négoce international, c’est exposer son activité aux aléas de risques politiques et commerciaux. Le défaut de paiement du client est un risque majeur que redoutent de nombreuses entreprises d’import-export. En outre, vous n’êtes jamais à l’abri d’une faillite ou d’un embargo lors des échanges internationaux. Pour toutes ces raisons, l’assurance crédit est la solution incontournable pour sécuriser vos transactions et faire fructifier vos activités sereinement. Elle vous protège efficacement et vous accompagne dans le cadre de vos stratégies de croissance.

Pourquoi avoir besoin de financer son activité lorsqu’on est importateur ?

Un des défis majeurs lorsqu’on importe de la marchandise pour la revendre est le délai potentiellement très important entre le décaissement pour honorer une facture fournisseur et la vente et la facturation aux clients finaux. En effet, les activités d’import-export nécessitent un grand nombre d’opérations complexes, coûteuses et longues. Ainsi, il est souvent nécessaire pour assumer ce besoin de fond de roulement de trouver des moyens de financer des achats.

Le déroulé d’une opération complète peut se schématiser de de cette façon :

  • Un industriel importateur paie son fournisseur le 1er janvier quand il passe commande auprès d’eux.
  • 30 jours plus tard, le fournisseur réalise le chargement en Chine.
  • La marchandise transite par la mer durant 60 jours.
  • Il faut ajouter à cela un nouveau délai de 2 à 30 jours pour dédouaner, produire puis mettre sur le marché pour vendre aux clients finaux.

Le délai est donc important entre la première étape d’achat (et donc de décaissement) et le moment du paiement par les clients finaux. Pour pallier ce problème, la méthode la plus simple pour l’importateur est de recourir au crédit fournisseur. Le but est de demander à son fournisseur un paiement le plus tardif possible pour rapprocher la date du décaissement de l’argent de la date de mise sur le marché et donc d’encaissements. 

Le risque pays

Les importateurs des pays émergents, qui subissent des taux d’intérêt élevés n’hésitent pas à solliciter leurs fournisseurs dans les pays développés qui jouissent eux de taux d’intérêt plus faibles. Il s’agit d’une demande de financement ou crédit.

Le haut niveau des taux d’intérêt d’un pays émergent traduit le risque, évalué par les marchés internationaux, que ce pays ne rembourse pas sa dette. C’est la marque d’un risque pays quit se révèle commercialement  très important pour les fournisseurs.

La première bonne raison d’assurer un crédit pour un fournisseur exportateur est de faire face à un risque pays.

 Faillite de banque ou d’entreprise

Mais ce n’est pas le seul risque à prendre en compte. L’incident de paiement peut provenir de la banque du client qui peut faire défaut ou faillite et du client lui-même. Dans ce cas, le virement attendu ne pourra être exécuté.

Les complexités juridiques engendrées par la distance ou l’inefficacité de la justice dans le pays de l’importateur peuvent dissuader ou rendre impossible de faire valoir ses créances à la barre d’un tribunal ; l’assurance crédit est donc une protection incontournable dans le commerce international.

L’exportateur est alors protégé contre tous ces types de défauts de règlement.

Comment fonctionne l’assurance crédit en pratique ?

En termes d’assurance crédit, plusieurs sociétés notables existent en France : la Coface, Euler Hermes, Atradius ou bien encore Ducroire. En premier lieu, ces dernières analysent le risque pays ainsi que le risque de la contrepartie. Ensuite, elles vous proposent des assurances contre le défaut de paiement.

Le fonctionnement est majoritairement celui de la globalisation et la mutualisation des risques. Ainsi, l’assureur vous demandera le volume global assurable.

Cependant, tout n’est pas assurable. Par exemple, un paiement CAD (ou Cash Against Documents) n’est pas assurable, tandis qu’un paiement à 90 jours l’est. Pour que la créance soit assurable, il est nécessaire qu’elle soit opposable au client (par une livraison par exemple) .

Comment se faire assurer ?

Avant toute chose, il faut se renseigner auprès de son assureur et lui poser des questions incontournables :

  • Est-il capable d’assurer le pays concerné ?
  • Peut-il assurer votre contrepartie ? 

Pour répondre à ces questions, l’assurance va réaliser une enquête. Cette dernière est basée sur les les informations disponibles concernant votre client, son pays et sa banque. L’assureur donnera une réponse positive ou non suite à un arbitrage. S’il accepte, il posera des limites d’assurance claires sur chaque contrepartie. La qualité et la durée de la relation commerciale que vous avez avec votre client influe dans la décision des arbitres.

En termes de taux, la créance est assurée entre 50 et 100%, selon votre contrat. Le plus souvent, le taux se situe entre 80 et 95%. Il s’agit d’assurer le plus souvent le coût de revient de la marchandise mais pas votre marge.

Habituellement, les assureurs crédit demandent de déclarer de façon groupée ou détaillée le chiffre d’affaires que vous avez réalisé par pays ou contrat, par contrepartie, etc. Ce rythme de déclaration peut varier, il peut être mensuel ou trimestriel. Pour cette raison, vous avez tout intérêt à déclarer vos créances le plus tard possible selon les possibilités contractuelles. En effet, il est possible que des affaires soient closes sans avoir eu besoin de les assurer.

En cas de problème, comment agir ?

Vous n’avez pas été payé. Vous vous demandez alors quelle est la meilleure façon de réagir.

Pour faire jouer l’assurance, il faut rédiger une déclaration circonstanciée. Celle-ci prouve les efforts que vous avez fournis pour tenter de vous faire régler la somme due par votre client.

 ATTENTION : soyez vigilants en termes de délais. Il y a plusieurs périodes :

  • Le délai normal de crédit accordé
  • La période de recouvrement par votre entreprise
  • Possiblement une période de latence 

Tous ces délais additionnés ne doivent pas dépasser la date limite vous autorisant à faire appel à l’assurance.

La phase de recouvrement

Les assureurs disposent de services spécialisés en recouvrement de créances. Ils les mettront à votre disposition (dans le cas de créances assurées), car ils veulent avant tout limiter leur perte.

Bien entendu, le montant garanti dépend de votre contrat et du taux de prime d’assurance. Une franchise s’applique donc lors de la procédure.

Concrètement, assurer facture par facture ou client par client est complexe. Pour cette raison, un assureur, dans le cadre de sa politique de risque, fera en sorte d’assurer le bon et le moins bon risque de votre portefeuille.

Astuce : si l’un de vos très bons clients est assuré alors que selon vous le risque n’existe pas, vérifiez les conditions de vente pour savoir si vous ne pouvez pas exclure ce client.

Et TRADE.EASY dans tout ça ?

L’outil de gestion commerciale TRADE.EASY vous facilite les choses ! Vous avez en effet la possibilité d’extraire facilement l’encours de facturation par client. Vous pourrez donc savoir rapidement si vous êtes dans les limites de votre assureur.

De plus, c’est l’outil idéal pour améliorer votre capacité à analyser vous-même les délais de vos clients.

N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus et découvrir de quelle manière TRADE.EASY peut devenir un allié précieux dans la gestion de votre activité.