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Guerre en Ukraine : L’impact sur le transport international

Alors que le commerce international commençait doucement à se normaliser, la guerre en Ukraine rebat les cartes. Le secteur est impacté de plein fouet et le prix d’acheminement des marchandises va nécessairement augmenter, et ce, qu’elles transitent par voie aérienne, ferroviaire ou maritime.

Selon Paul Tourret, directeur de l’Institut supérieur d’économie maritime (ISEMAR), la zone de conflit ne représente que 1% du trafic mondial des porte-conteneurs. Toutefois, les effets collatéraux de cette guerre sont nombreux et leur impact est réel sur le fret, quel que soit le type de marchandises ou le mode de transport. 

Les crises se succèdent pour le fret international

Depuis 2019, le secteur du commerce international a dû s’adapter tant bien que mal à la crise économique et sanitaire causée par la Covid-19. Récemment, la demande mondiale se relançait, entraînant même une augmentation des tarifs de transport et un engorgement du transport mondial de marchandises.

C’est dans ce contexte difficile que le 24 février 2022 a éclaté la guerre en Ukraine. Ce conflit en plein cœur du continent européen a choqué le monde entier. Rapidement les sanctions internationales ont été émises contre la Fédération de Russie. Or, ces dernières se révèlent être une secousse de plus pour le commerce international.

Vols annulés ou allongés, augmentation du prix du carburant, inflation des produits de première nécessité ou bien encore suppression d’escales, les conséquences s’amoncellent. Les routes ferroviaires de la soie sont quasiment à l’arrêt du fait de la forte réduction de la demande en provenance d’Europe. D’une part, les entreprises sont frileuses, car elles craignent une fermeture des frontières. D’autre part, sur l’axe eurasiatique, de nombreux transporteurs et transitaires tels que Maersk et RailBridgeCargo se sont retirés. Or, cette route est essentielle, car en 2021, elle a traité 80% des 1,6 M d’EVP qui transitaient par rail entre l’Asie et l’Europe.

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Le transport aérien durement touché par la guerre

Sans conteste, c’est le transport aérien qui est le plus fortement touché par cette situation. De nombreuses compagnies telles que Volga-Dnepr, ANA, JAL ou Lufthansa Cargo ont réduit ou arrêté leurs activités entre l’Europe et l’Asie.

Les routes aériennes Chine – Europe et Corée du Sud – Europe sont rallongées. En effet, l’espace aérien russe est fermé. Le survol de la Sibérie est donc impossible et il est alors nécessaire de passer par la Turquie et le Kazakhstan.

Or, ces trajets plus longs augmentent la consommation de carburant alors que le kérosène a déjà augmenté de 27,5% la semaine du 4 mars. De plus, les avions affichent moins de charge utile étant donné qu’ils doivent emporter plus de carburant.

Par conséquent, l’offre de fret aérien subit une contraction de 20%. Les tarifs à court terme ont quant à eux augmenté de 40% d’après Arthur Barillas, fondateur d’Ovresea.

Le transport maritime international n’est pas épargné

De son côté, le commerce maritime mondial rencontre lui aussi des difficultés. En effet, depuis deux ans, les taux de fret étaient à leur plus haut niveau et avaient été augmentés par 5. Pourtant, la tension ne diminue pas et les tarifs pourraient encore croître.

Actuellement, hors BAF (Bunker Adjustment Factor), un conteneur de 40 pieds peut être négocié autour de 15 000 $. Malheureusement, le prix du transport de fret ne devrait pas prochainement connaître de diminution. En effet, les armateurs se questionnent sur la pertinence d’appliquer différentes surcharges comme une surcharge carburant ou une surcharge pour risques de guerre.

Enfin, les peuples ukrainiens et russes sont directement concernés. Plusieurs ports russes ne sont plus desservis. De plus, 14,5% des effectifs de la marine marchande mondiale sont de nationalité russe ou ukrainienne. Comment payer les marins ou les rapatrier en fin de mission ? Les compagnies maritimes tentent de trouver des solutions pour leurs employés et nous espérons tous que ce conflit se termine au plus vite en premier lieu pour les populations, mais aussi pour retrouver un commerce mondial apaisé.