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Le fret maritime, toute une histoire !

Aujourd’hui, les navires des grandes compagnies maritimes sillonnent les océans. Avec un trafic de plus de 10 000 millions de tonnes de marchandises en 2019[1] et 5 390 porte-conteneurs en 2020[2], la flotte mondiale est toujours plus impressionnante. Cette dernière permet d’assurer près de 90% du commerce international.

Toutefois, cela n’a pas toujours été le cas. Le secteur du transport maritime a pris des siècles à se construire et à devenir un élément incontournable de notre vie moderne. Profitons de cette fin d’année pour réaliser un petit bond dans le passé et découvrir l’histoire du transport maritime.

Les premières liaisons maritimes pour le transport de marchandises

Dès l’Égypte antique, on retrouve des traces d’expéditions maritimes. Ainsi, sous Sahourê, pharaon de la Vème dynastie, des marins ont tenté de rejoindre le mystérieux Royaume de Pount[3]. Nous pouvons même remonter plus loin, car aux alentours de -4000 les cités de Mésopotamie établissent déjà des routes commerciales terrestres et maritimes[4].

Le transport international est donc une tentation très ancienne qui a façonné les échanges entre les civilisations de l’époque.

Des marchandises variées obtenues par voie maritime

Les marchandises transportées par voie maritime diffèrent selon les régions et les époques. L’objectif est toujours d’obtenir par l’échange un bien que l’on ne possède pas. Toutefois, si aujourd’hui un écran plat semble irrésistible, sous la dynastie d’Hatchepsout, c’est les aromates, de l’encens et les résines odorantes[5] qui sont recherchés pour les opérations d’embaumement.

Les premiers navires marchands

Quel que soit le siècle, les peuples ont tenté d’échanger via le marché maritime. De la simple embarcation en bois jusqu’au porte-conteneurs, les évolutions ont été nombreuses.

Les Grecs par exemple utilisaient des navires de commerce de vingt (eikosoroi) ou trente (triakontores) rames. Et leur capacité était importante, car d’après Démosthène, un eikosoroi était en mesure de transporter pas moins de 3000 amphores de vin[6].

Dès 500 av J.-C, les Grecs utilisaient des navires de charge, capable de naviguer en pleine mer et transporter du bois, du cuir, des graines ou bien encore du lin[7].

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L’importance de la patience…

Toutefois, les temps de trajets étaient bien entendus bien plus importants qu’aujourd’hui. Quelques exemples suffisent à s’en rendre compte. À l’époque de la Rome antique, les transports de tissu d’Alexandrie à Rome pouvaient prendre 20 jours et un transport de blé de Carthage à Ostie de 3 à 5 jours[8].

N’oublions pas d’ajouter les temps alloués au chargement et aux différents contrôles. Ainsi, citons ce passage d’une publication de Lucia Rossi, maître de conférences en Histoire grecque, liée au transport du blé égyptien :

 “ compte tenu de la durée de chacune des étapes étudiées (production documentaire et envoi des navires depuis Alexandrie, dissémination de l’information à l’intérieur du nome, chargement et transport depuis les ports de la Moyenne-Égypte jusqu’à Alexandrie, contrôles dans le port d’Alexandrie et délivrance des laissez-passer) le parcours égyptien du blé, pouvait prendre environ 70 jours.[9]

La problématique de la sécurité maritime

De plus, chaque échange de marchandises au sein de ces grands espaces maritimes pouvait être victime d’accident ou d’intempéries. Ainsi, la logistique risquait régulièrement d’être entravée par de nombreux dangers :

  • La peste noire, libérée en 1347 par un voilier amarré dans un port de Méditerranée. Avec une mortalité de près de 100%, au moins 25 millions de personnes en Europe seraient décédées des suites de la maladie[10].
  • La piraterie qui atteint son âge d’or entre 1640 et 1680[11].
  • Le scorbut, déficience en vitamine C, qui décima les équipages jusqu’au XVIIIe siècle. Le taux de mortalité était de 50 à 80%[12].

Une évolution rapide de la technologie

Cependant, tout s’accélère au XIXe siècle. La machine à vapeur apparaît et transforme le fret maritime en véritable industrie. Depuis, le transport de marchandises par voie maritime n’a cessé de croître.

La technologie et la médecine ont permis aux marins de réaliser les trajets dans de bonnes conditions. De plus, l’ONU via l’Organisation maritime internationale (OMI) ainsi que différentes conventions et législations s’assurent que la navigation maritime se réalise dans le calme et le respect de la liberté de chacun.

En cette fin d’année, profitons donc de la sérénité et du confort acquis après des siècles d’efforts et d’abnégation par nos prédécesseurs.


[1] Statista, L’essor du commerce maritime mondial, 2021

[2] Marine Marchande, La marine marchande dans le monde, 2021

[3] Wikipédia, Histoire du commerce au long cours, site consulté en décembre 2022

[4] Wikipédia, Route commerciale, site consulté en décembre 2022

[5] opus cit.

[6] Wikipédia, Navires marchands en Grèce antique, site consulté en décembre 2022

[7] Provence7, Vaisseaux antiques, site consulté en décembre 2022

[8] Le livre scolaire, Le commerce du blé dans l’Empire romain, Doc 1, site consulté en décembre 2022

[9] Pallas, Les temps de transport du blé égyptien : de la chôra vers Alexandrie…et vers les ports de Méditerranée, 2015

[10] National Geographic, Rapide et fatale : comment la Peste Noire a dévasté l’Europe au 14e siècle, site consulté en décembre 2022

[11] Wikipédia, Piraterie dans les Caraïbes, site consulté en décembre 2022

[12] Le Figaro, Le scorbut, maladie des marins désormais au cœur des villes, 2016